Hop ma liste
- 20.00
- 4,1
- Installations
- 10.00K
- Version
- 2.0.2
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Analyse par Reviewed
Quand une personne traverse une période d’idées suicidaires, le plus difficile n’est pas toujours de comprendre qu’elle aurait besoin d’aide. C’est parfois de faire le premier geste au bon moment, avant que la fatigue, la panique ou l’isolement ne prennent toute la place. C’est dans ce contexte que j’ai essayé Hop ma liste, une application de médecine conçue par le CHU d’Angers. Mon impression générale est assez claire : ce n’est pas une application à utiliser pour se distraire, ni un substitut à un professionnel, mais un outil de préparation personnelle qui peut devenir utile si on le met en place avant la crise.
L’application est gratuite et classée PEGI 3, ce qui la rend accessible à un large public sur Android à partir de la version 7.0. Elle a été publiée le 31 mars 2022 et sa version actuelle est la 2.0.2. Avec plus de 10 000 installations, elle reste un outil relativement ciblé, mais sa note moyenne de 4,1 sur 5 montre qu’elle répond déjà à un besoin concret pour une partie de ses utilisateurs.
Une première semaine utile, à condition de préparer la liste sans attendre
La première qualité de Hop ma liste apparaît dès qu’on comprend son principe : l’application aide à organiser à l’avance les éléments qui peuvent soutenir une personne lorsqu’elle a des idées suicidaires. Cette préparation change beaucoup la manière dont je la perçois. Elle ne cherche pas à promettre une solution instantanée. Elle sert plutôt à réduire le nombre de décisions à prendre dans un moment où réfléchir, chercher un numéro ou formuler une demande peut devenir particulièrement difficile.
Lors de la première utilisation, je conseille de ne pas remplir la liste dans la précipitation. Le meilleur moment est une période relativement stable, avec assez de calme pour se demander ce qui aide vraiment, qui peut être contacté et quelles actions sont réalistes. Une liste vague du type « penser à des choses positives » risque de rester inutilisable quand la détresse est forte. Une formulation plus concrète, associée à une personne précise ou à une action simple, a davantage de chances d’être exploitable.
Le point important est de considérer cette application comme un carnet de préparation, pas comme un bouton d’urgence. Elle peut aider à retrouver un fil conducteur, mais elle ne remplace pas l’appel aux secours, le contact avec un proche disponible ou l’accompagnement d’un médecin, d’un psychologue ou d’un service spécialisé. Si le danger est immédiat, il faut chercher une aide humaine et urgente plutôt que rester seul avec son téléphone.
Ce qui donne envie de la garder après la découverte
La nouveauté ne vient pas d’une accumulation de fonctions. Elle vient du fait que l’application pousse à transformer des intentions générales en repères personnels. Dans les applications de bien-être classiques, on trouve souvent des exercices, des rappels ou des contenus à consulter. Ici, l’intérêt est plus intime : le contenu doit venir de la personne et correspondre à sa propre réalité.
J’ai trouvé cette approche intéressante pour quelqu’un qui a déjà identifié quelques signes annonciateurs de sa dégradation. Par exemple, une personne peut remarquer qu’elle cesse de répondre aux messages, dort très mal, s’isole ou commence à penser qu’elle dérange tout le monde. Ces observations peuvent servir à reconnaître plus tôt qu’il est temps d’ouvrir la liste et de demander du soutien. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est précisément ce qui peut rendre l’outil utile dans la vie quotidienne.
Un usage réaliste serait celui d’un étudiant qui rentre seul chez lui après une journée difficile. Il n’a pas forcément l’énergie de rédiger un long message à un proche ni de chercher quoi faire sur internet. S’il a préparé auparavant une liste personnelle, il peut s’en servir comme d’un rappel très court : s’éloigner d’une situation qui augmente la tension, contacter la personne choisie, rejoindre un endroit où il ne reste pas isolé et solliciter une aide adaptée. L’application ne fait pas ces démarches à sa place, mais elle peut diminuer le temps passé à hésiter.
Trois façons de mieux la préparer
Le premier conseil, qui me paraît essentiel, est d’écrire pour un soi futur qui aura moins de concentration que maintenant. Les phrases doivent être courtes, les actions réalisables et les contacts faciles à reconnaître. Une consigne qui demande plusieurs étapes ou une grande motivation risque de devenir une source supplémentaire de découragement.
Le deuxième conseil est de distinguer ce qui apaise quelques minutes de ce qui permet de rester en sécurité plus longtemps. Écouter une musique, sortir prendre l’air ou boire quelque chose peuvent parfois aider à passer un pic émotionnel, mais ces actions ne doivent pas être confondues avec une prise en charge. La liste gagne à associer les petits gestes de stabilisation à une étape claire vers une personne ou un service compétent.
Le troisième conseil est de préparer la liste avec un professionnel ou un proche de confiance lorsque c’est possible. Un regard extérieur peut repérer une consigne trop abstraite, un contact difficile à joindre ou une étape oubliée. Cette utilisation accompagnée est, à mon avis, plus solide qu’une installation faite seul, rapidement, puis abandonnée dans un coin du téléphone.
Une valeur qui dépend davantage de l’entretien que de l’usage quotidien
Hop ma liste n’est pas le genre d’application que j’ouvrirais tous les jours par habitude. Sa valeur est plutôt préventive et intermittente. Elle doit être suffisamment familière pour être retrouvée dans un moment compliqué, sans devenir une obligation quotidienne qui finit par lasser. C’est une différence importante avec les applications de méditation, de suivi d’humeur ou de respiration, qui reposent souvent sur une pratique répétée.
Pour qu’elle conserve son intérêt d’un mois à l’autre, je recommande une vérification occasionnelle du contenu. Une personne de confiance peut changer de numéro, déménager, travailler à des horaires différents ou ne plus être disponible de la même façon. Une stratégie qui fonctionnait pendant une période donnée peut aussi perdre son efficacité après un changement de traitement, de logement, d’études ou de travail. La liste doit donc évoluer avec la vie réelle, et non rester figée comme un document administratif.
Cette maintenance ne demande pas forcément une longue séance. Quelques minutes peuvent suffire pour vérifier que les contacts sont toujours pertinents, que les actions proposées restent faisables et que le contenu correspond encore aux signes personnels de crise. Le risque, sinon, est de découvrir au mauvais moment qu’une information est périmée ou qu’une solution n’est plus accessible.
Le vrai travail se fait avant la crise
Le principal effort demandé par l’application ne consiste pas à la consulter, mais à accepter de réfléchir à des situations que l’on préférerait éviter. C’est une friction réelle. Certaines personnes peuvent trouver pénible, anxiogène ou trop direct de préparer une liste liée aux idées suicidaires alors qu’elles se sentent mieux. Pourtant, c’est souvent cette période plus stable qui permet de produire un contenu assez précis.
Je vois aussi une limite pour les utilisateurs qui attendent une réponse automatique à leur détresse. Une application peut présenter un cadre, mais elle ne peut pas évaluer seule la gravité d’une situation, entendre le ton d’une voix, remarquer un changement soudain ou intervenir physiquement. Si l’on installe Hop ma liste en pensant qu’elle remplacera un suivi médical ou une présence humaine, on risque d’être déçu et surtout de lui demander un rôle qu’elle ne peut pas jouer.
La meilleure façon de l’intégrer est donc de la placer dans un ensemble plus large : un suivi professionnel si nécessaire, quelques personnes identifiées, des numéros d’aide conservés ailleurs si cela rassure, et une décision prise à l’avance sur ce qu’il faut faire lorsque la sécurité devient difficile à garantir. Dans ce cadre, l’application peut servir de passerelle entre la prise de conscience et l’action.
Les sources de fatigue à surveiller
La première source de fatigue est émotionnelle. Revenir régulièrement à une liste associée à une période dangereuse peut rappeler une souffrance que l’on aimerait laisser derrière soi. Pour certains, cette trace est rassurante parce qu’elle montre qu’un plan existe. Pour d’autres, elle peut être lourde à regarder. Il faut accepter que l’expérience varie selon les personnes et selon les moments.
La deuxième source de fatigue est pratique. Une liste trop longue devient difficile à parcourir quand l’attention est réduite. J’éviterais d’y accumuler toutes les idées possibles. Mieux vaut conserver quelques étapes compréhensibles, hiérarchisées et adaptées aux capacités du moment. La simplicité n’est pas un manque de profondeur ici : elle augmente les chances que le contenu soit réellement utilisé.
La troisième source de fatigue vient de l’écart entre ce qu’on écrit et ce qu’on peut faire. « Appeler quelqu’un » paraît simple, mais cela peut devenir impossible si la personne ne répond pas, si l’on craint de déranger ou si l’on n’a pas les mots. Pour limiter ce blocage, il est utile de préparer une phrase courte à envoyer ou de convenir à l’avance avec un proche d’un signal facile à comprendre. Cette organisation dépasse l’application, mais elle rend son contenu beaucoup plus concret.
Enfin, le téléphone lui-même peut devenir un obstacle. Une personne très agitée peut avoir du mal à naviguer, à lire ou à retrouver une application parmi de nombreuses icônes. Je conseille donc de placer l’outil dans un emplacement facilement accessible et de ne pas compter uniquement sur la mémoire. Si un proche accompagne la démarche, il peut aussi savoir que cette ressource existe, sans pour autant surveiller ou contrôler la personne.
Face aux alternatives habituelles
Par rapport à une note personnelle dans l’application de prise de notes, Hop ma liste offre un cadre plus directement orienté vers les idées suicidaires. Une note libre peut être plus flexible, mais elle demande davantage d’organisation et peut se perdre parmi d’autres documents. À l’inverse, une application spécialisée rappelle la finalité de la démarche, ce qui peut aider à ne pas transformer la préparation en simple liste de pensées positives.
Par rapport à une application de méditation ou de respiration, son intérêt est moins de faire baisser immédiatement la tension que d’aider à savoir quoi faire ensuite. Les exercices de relaxation peuvent convenir à une anxiété légère ou à une agitation passagère. Ils ne répondent pas forcément au besoin de contacter une personne, de quitter l’isolement ou de demander une aide urgente. Hop ma liste se situe donc sur un autre niveau d’usage, plus orienté vers la sécurité et l’organisation.
Par rapport à un suivi avec un professionnel, elle est plus disponible entre deux rendez-vous, mais beaucoup moins capable d’adapter ses conseils à une situation complexe. Je la vois comme un support de continuité, jamais comme un remplacement. Pour une personne qui bénéficie déjà d’un accompagnement, elle peut fournir une base de discussion utile en consultation : ce qui a été facile à préparer, ce qui semble irréaliste et les moments où la liste n’a pas suffi.
La présence du CHU d’Angers comme développeur donne à l’application une orientation médicale claire, mais cela ne signifie pas qu’elle puisse effectuer une évaluation clinique personnalisée. Cette nuance compte. Le nom d’un établissement de santé peut rassurer, mais l’utilisateur doit conserver un jugement pratique : en cas de danger immédiat, le téléphone ne doit pas retarder le recours aux secours ou à une personne capable d’intervenir.
À qui je la recommande, et à qui elle conviendra moins
Je la recommande surtout aux personnes qui veulent préparer un cadre avant une période difficile, notamment lorsqu’elles ont déjà connu des idées suicidaires, des épisodes de crise ou une tendance à s’isoler. Elle peut également être pertinente pour quelqu’un qui souhaite structurer une discussion avec un proche ou un professionnel, sans devoir tout reconstruire de mémoire au moment du rendez-vous.
Elle peut aussi convenir à un entourage qui cherche une manière respectueuse d’aider. Le bon rôle d’un proche n’est pas de remplir la liste à la place de la personne ni de la transformer en outil de surveillance. Il peut proposer de la préparer ensemble, vérifier que les étapes sont réalistes et s’assurer que la personne sait comment le contacter. Cette coopération peut rendre le plan plus vivant et moins théorique.
Je la conseillerais moins à quelqu’un qui cherche principalement un journal intime, des séances audio, un suivi détaillé de l’humeur ou des échanges avec une communauté. Ce n’est pas son objectif. Elle sera également insuffisante pour une personne en danger immédiat qui n’a pas la capacité de rester seule avec un appareil et de suivre plusieurs étapes. Dans ce cas, la priorité est une présence humaine et une aide urgente.
Ce qu’il faut savoir avant de la conserver sur son téléphone
La gratuité est un avantage concret : il n’y a pas de barrière financière à l’installation. Son classement PEGI 3 peut également rassurer les familles sur le fait qu’il s’agit d’un outil accessible, même si le sujet traité demande une vraie maturité émotionnelle. La compatibilité avec Android 7.0 ou une version ultérieure couvre encore de nombreux appareils, ce qui évite de réserver l’outil aux téléphones récents.
La note moyenne de 4,1, basée sur quelques dizaines d’évaluations, suggère une réception plutôt favorable, mais je ne la prendrais pas comme une garantie personnelle. Pour une application aussi sensible, l’utilité dépend énormément de la qualité de la préparation, de la situation vécue et de l’existence d’un entourage mobilisable. Une bonne note ne remplace pas une vérification honnête de ses propres besoins.
Je conseille aussi de tester la lisibilité et l’accès lorsque l’on est calme. Il faut savoir où trouver l’application, comprendre rapidement la structure de la liste et vérifier que les actions choisies ne dépendent pas d’une condition improbable. Ce petit test est plus révélateur qu’une installation laissée sans préparation. Une ressource de crise doit être connue avant d’être nécessaire.
Mon verdict après la phase de nouveauté
À mes yeux, Hop ma liste mérite une place durable sur le téléphone si elle est considérée comme un plan personnel à entretenir, et non comme une application à ouvrir machinalement. Sa force est discrète : elle aide à préparer des décisions et des contacts lorsque la personne va relativement bien, afin de limiter l’improvisation lorsque la situation se dégrade. Cette valeur revient par épisodes, parfois après plusieurs semaines sans utilisation, ce qui n’est pas un défaut pour ce type d’outil.
Son principal risque est de devenir un objet rassurant mais passif. L’avoir installé ne suffit pas. Il faut que le contenu soit concret, que les personnes mentionnées soient réellement joignables et que l’utilisateur sache quand passer de la liste à une aide humaine. Une révision périodique, même courte, permet de préserver cette utilité et d’éviter qu’elle ne perde son sens avec le temps.
Je la recommande donc comme un support de prévention sérieux, gratuit et facile à intégrer dans une démarche plus large. Je ne la présenterais jamais comme une solution complète ni comme une réponse d’urgence autonome. Pour quelqu’un qui accepte de préparer ses propres repères, de les ajuster et de demander de l’aide quand la liste ne suffit plus, elle peut gagner durablement sa place. Pour quelqu’un qui attend une intervention immédiate ou un accompagnement personnalisé, un professionnel, un proche présent ou les services d’urgence restent le meilleur choix.
Si vous ou une personne près de vous êtes en danger immédiat, ne restez pas seul avec l’application : contactez sans attendre les services d’urgence de votre pays ou rejoignez une personne capable de rester avec vous. La liste peut soutenir une démarche de sécurité, mais elle ne doit jamais retarder une aide humaine urgente.
Avantages
- Création de listes rapide et intuitive
- même pour les débutants.
- Organisation pratique des tâches
- courses ou idées au quotidien.
- Interface claire
- avec une navigation facile à comprendre.
- Les listes peuvent être adaptées à différents besoins personnels.
- Application utile pour éviter les oublis lors des achats ou activités.
Inconvénients
- Les options de personnalisation peuvent sembler limitées.
- Certaines fonctions collaboratives peuvent manquer de profondeur.
- L’intérêt de l’application dépend fortement de vos habitudes d’organisation.
- Une synchronisation entre appareils pourrait être plus complète.
- Les utilisateurs avancés pourraient souhaiter davantage de filtres et de catégories.











